Aujourd’hui je vous propose un petit dossier sur les figurines Muttpop Tcho ! Auquel nous retrouverons évidemment Lou ! Lancé en 2008, ces figurines étaient d’abord proposées dans les tabacs presses en France, les figurines étaient vendues sous format « blind box », c'est-à-dire que la figurine contenue dans la boîte est inconnue.
On retrouve les héros du magazine Tcho de cette époque : Titeuf, Captain Biceps, Jubbei, Malika Secouss, Moko et Lou ! Pour la mascotte Titeuf. Chaque boîte contenait une pièce permettant d’assembler Titeuf.
3 versions par personnage étaient disponibles : la Couleur, Classico (gris), Phosphorescente
Il a été beaucoup constaté que les phosphorescentes subissent les ravages du temps. Je ne connais aucune figurine actuellement qui n’a pas de taches orange. La brillance s’est affaiblie voir totalement disparu au fil des années. Je me suis surpris à voir une légère brillance sur mon exemplaire personnel (en tendant bien les yeux !)
Les figurines sont assez petites : 6,5 cm de haut pour Lou. Elles ne payent pas de mine mais la finition est très propre. Elles ont un charme.
Cette série de figurines a été réalisé par la société Muttpop. Elle travaillera plus tard à la réalisation du livre Making Of du film Lou Journal Infime.
Un display (comme les fans de cartes doivent bien connaitre) est le carton avec une belle présentation qui est envoyé pour les magasins avec les figurines.
La rareté des figurines était définie comme ceci dans les displays : 20 figurines par display dans des boîtes « blind box », 3 fois la série complète en version colorée, et une série complète en Classico ou Phosphorescente. Ce qui fait que les versions Classico et Phosphorescente sont un peu moins communes que les Couleurs. Aucune info sur le nombre de display avec des Classico ou avec des Phosphorescente. A priori les Phophorescentes sont plus rares que les Classico.
Ensuite les figurines n’ont plus été proposé de manière aléatoire. On pouvait acheter les figurines dans des sachets plastiques avec la figurine visible. Ou avec la boîte en carton où un sticker était collé pour dire quelle figurine était dedans. Elles étaient vendues autour de 8,5€. Cette vague de figurines était aussi disponible dans les librairies. Autour de 2013, une opération « Un album Tcho la collec acheté = 1 figurine offerte » a été mise en place pour écouler les quantités restantes.
Le design des figurines a été réalisé par Willy Ohm. Dessinateur qui a travaillé sur Tcho avec sa série Bao Battle (auquel Moko est issu). Ohm applique son style sur l’ensemble des personnages proposés. Avec du recul on pourrait trouver une ressemblance avec les Funko Pop.
Contacté par mes soins en 2025, Ohm a répondu à quelques questions. Il explique pour la conception :
« Étant à l'époque un curieux consommateur d'"artoys", j'ai pas mal regardé ce qui existait dans le registre. Les "blind box" assez populaires à l'époque étaient déclinées par tout un tas de créateurs que j'adore ! Les japonais Devilrobots, le Français Superdeux, Les italiens de Tokidoki ou Le couple anglais de Tado m'ont pas mal inspirés. »
La seule contrainte du style des figurines aura été de penser les personnages pour que les figurines tiennent debout facilement. Au niveau de la réappropriation des personnages, Ohm raconte :
« C'était un sentiment de privilège allié à une certaine angoisse, car je voulais qu'ils (les auteurs) soient satisfaits de ma réinterprétation de leurs personnages. Heureusement, ils ont tous validé les designs ! Et s'attaquer à des personnages populaires comme Titeuf ou captain Biceps (et dans une moindre mesure Lou! à l'époque) faisait peser une petite pression sur mes épaules. Il fallait que les lecteurs de ces séries puissent kiffer la réinterprétation sans avoir le sentiment que les personnages soient trop éloignés de leurs modèles d'origine. Dans la série il y avait heureusement un personnage de ma propre série de BD "Bao Battle" ce qui me procurait une certaine confiance et une légitimité appréciable. »
Ohm garde un très bon souvenir de cette expérience, même si les figurines n’ont pas forcément rencontré le succès escompté. Elles sont d’ailleurs devenues assez compliquées à trouver pour certaines.
« J'en garde un très bon souvenir, et je regrette de ne jamais avoir refait de design pour des toys. Tout le monde était satisfait du rendu, même si je pense que le monde des Artoys était assez fermé à l'époque et que la cible n'était pas très claire (des personnages de bande dessinées jeunesse en toys pour "adultes collectionneurs...) La dichotomie de ces deux mondes finalement pas si poreux que ça n'a pas rendu le projet très populaire. Malgré tout, cette expérience était géniale !»
Pour conclure ce petit entretien, Ohm me raconte :
« J'ai eu la chance d'être invité, grâce aux créateurs de la structure Muttpop qui ont édité les toys, à Los Angeles et au Comic Con de San Diego pour signer les jouets ! On a fait une mini tournée Los Angeles, Phoenix et San Diego et j'ai même pu me ridiculiser lors d'une interview où j'ai vaguement essayé de "rapper" parce qu'à l'époque je faisais un peu de rap avec des copains... Mais le résultat en live était tragique ! »
Ohm œuvra plus tard dans la production du film Lou Journal Infime en désignant des motifs et logos notamment ceux de Mr Juice et de Gino. Pour anecdote, il travaillera dans l’animation notamment dans Le Monde incroyable de Gumball ! Un grand merci à lui pour avoir accepté de répondre à mes questions.